Atteindre l'excellence - robert greene

Atteindre l’excellence – De Robert Greene – Le pouvoir suprême (Partie 1)

   

 

 

Le pouvoir suprême

La nécessite est mère de l’invention: Ce sont les circonstances qui donnent une énergie et une capacité de concentration exceptionnelles.

Notre esprit est alors totalement investi dans la tâche qui nous attend. Cette intense concentration fait jaillir toutes sortes d’idées, qui nous parviennent de notre inconscient jusque pendant notre sommeil.

La plupart du temps, notre cinéma intérieur est fait de rêves, de désirs et de pensées obsessionnelles. Mais dans les périodes de créativité exceptionnelle, la nécessité nous oblige à des résultats. Nous sommes alors contraints de sortir du carcan de nos pensées habituelles et de nous brancher sur le monde, sur les autres et sur la réalité. Au lieu de papillonner dans un état de distraction perpétuelle, notre esprit se focalise et pénètre au cœur d’une certaine réalité. A ces moments là, on dirait que notre esprit, tournée entièrement vers l’extérieur, est envahi par la lumière du monde qui nous entoure et détecte brusquement de nouveaux détails et de nouvelles idées; nous avons l’inspiration, nous devenons créatifs.

Le processus conduisant à cette forme suprême de pouvoir se décompose en trois niveaux. Le premier est l’apprentissage, le deuxième est le créatif-actif et le troisième est la maîtrise. Dans la première phase, on est comme étranger au domaine, on apprend de son mieux les éléments et règles de base. On n’a qu’une vision partielle du domaine et donc des pouvoirs limités. A la deuxième phase, grâce à la pratique et l’immersion, on voit les rouages du mécanisme et la façon dont ces éléments sont liés entre eux; on acquiert une compréhension plus profonde du sujet. Cela confère un pouvoir nouveau: la capacité de faire des expériences et de jouer de façon créative avec les éléments concernés. A la troisième phase, on possède un niveau de connaissance, d’expérience et de concentration si profond qu’on a désormais une vision d’ensemble parfaitement claire.

L’animal a une capacité d’apprentissage, mais il se fie essentiellement à son instinct pour réagir à son environnement et se garder à l’écart du danger.Grâce à l’instinct, il est capable d’agir vite et de façon efficace. L’homme, en revanche, se fie à sa pensée rationnelle pour comprendre son milieu. Par conséquence, une bonne part de nos pensées obsessionnelles nous coupent du monde. Au niveau de la maîtrise, l’intuition est un mélange d’instinct et de rationalité, de conscient et d’inconscient, d’humain et d’animal.

L’enfant a une certaine capacité d’intuition et de spontanéité, mais chez l’adulte, ce pouvoir est en général écrasé par une pléthore d’informations qui encombrent l’esprit et s’y accumulent avec le temps. Les maîtres retournent à l’état d’enfance, leurs travaux font preuve d’un niveau élevé de spontanéité et d’un bon accès à l’inconscient, mais à un degré beaucoup développé que chez l’enfant.

Quand on atteint la maîtrise, l’intuition devient une faculté qui se commande, le fruit d’un long travail. Et comme le monde récompense la créativité et la capacité à découvrir des aspects nouveaux de la réalité, cela nous confère en pratique un pouvoir immense.

Au fil des siècles, on a érigé un rempart autour de la maîtrise. Celle-ci a été baptisée génie et jugée inaccessible. On l’a étiqueté comme le résultat d’un privilège, d’un talent inné ou d’une conjonction planétaire extraordinaire. On en a fait quelque chose d’aussi insaisissable que magique. Mais ce rempart est imaginaire. Voilà le véritable secret: notre cerveau est le résultat de six millions d’années d’évolution et, plus que tout autre chose », l’évolution de ce cerveau a été conçue pour nous conduire à la maîtrise, ce pouvoir latent chez n’importe qui.

 

Quand nous prenons notre temps et que nous nous concentrons de façon intense, quand nous sommes convaincus que des mois ou des années d’efforts nous conduiront à la maîtrise, nous continuons infailliblement à évoluer vers des niveaux de plus en plus élevés d’intelligence.

Nous voyons les choses de manière plus profonde et réaliste. Grâce à la pratique, nous épanouissons nos compétences.

Dans la mesure où nous croyons pouvoir sauter des étapes, échapper au processus, obtenir du pouvoir d’un coup de baguette magique par des relations politiques, des astuces faciles ou nos talents naturels, nous allons contre la structure intime de notre cerveau et nous allons au rebours de nos vrais pouvoirs. Nous devenons les esclaves du temps: nous nous affaiblissons, nous perdons nos capacités et enfermons notre carrière dans un cul-de-sac. Notre esprit, au lieu de nous mettre en connexion avec la réalité, se débranche et s’enferme dans un cadre de pensée exigu. L’homme, qui dépendait pour sa survie de sa capacité de concentration, devient un animal distrait, incapable de réflexion profonde et en outre privé du secours de son instinct.

Notre salut à tous, c’est d’avoir hérité d’un outil remarquablement adaptable. Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs sont parvenus, au fil des générations, à donner à leur cerveau sa forme actuelle en créant une culture capable d’apprendre, de changer et de s’adapter aux circonstances. Aujourd’hui, notre cerveau a le même pouvoir et la même souplesse. A tout moment, nous pouvons décider de modifier notre rapport au temps et mettre à profit la structure intime de notre cerveau, en connaissant son existence et son pouvoir. En faisant travailler le temps pour nous, nous pouvons renoncer à nos mauvaises habitudes de passivité, et gravir les échelons de l’intelligence.

Il faut considérer ce choix comme un retour radical au passé profond de l’homme, en entretenant une splendide continuité avec nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Le milieu dans lequel nous évoluons a beau être différent, notre cerveau est essentiellement le même et ses pouvoirs d’apprentissage, d’adaptation et de maitrise du temps sont universels.

 

Chez ceux qui se distinguent par la maîtrise, l’inclinaison directive se manifeste de façon plus claire et profonde que chez les autres. Ils la ressentent comme un appel intérieur. Elle domine leurs pensées et leurs rêves. Par hasard ou à force d’efforts, ils trouvent le chemin de carrière qui leur permet d’épanouir cette inclinaison. L’intensité de leur intérêt et de leur désir les aide à supporter la douleur du processus: doute de soi, pratique et étude fastidieuses, inévitables revers et critiques des jaloux. Ils acquièrent une résistance et une confiance en eux-mêmes qui manquent aux autres.

Dans notre culture, on tend à confondre la pensée et la puissance intellectuelle avec le succès et la réussite matérielle. Toutefois, c’est à bien des égards la qualité affective qui sépare ceux qui ont la maîtrise d’un domaine de ceux qui se contentent d’avoir un « boulot ». Le désir, la patience, la persévérance et la confiance en soi jouent dans le succès un rôle bien plus important que la simple capacité de raisonnement. Motivé par l’enthousiasme, on peut surmonter n’importe quoi ou presque. Quand on s’ennuie ou que l’on ne peut pas supporter son travail, le cerveau se referme et l’on devient de plus en plus passif.

On a aujourd’hui accès à une qualité d’information et de connaissance dont les maîtres du passé ne pouvaient que rêver. Plus que jamais, on a la capacité et la liberté de suivre son inclinaison en fonction de son unique génome.

Notre époque est riche en possibilités pour quiconque ambitionne la maîtrise; de plus en plus de gens peuvent suivre leurs inclinaisons.

 

I- Découvrir sa vocation: l’œuvre de toute une vie

Chacun possède une force intérieur qui le guide vers l’œuvre de sa vie- ce que l’on est censé accomplir pendant le temps que l’on a à vivre. Pendant l’enface, cette force est facile à toucher du doigt. Elle oriente chacun vers des activités et des sujets correspondant à des penchants naturels et attirant une curiosité profonde et primale. Au fil des ans, cette force s’estompe et l’on écoute davantage ses parents et ses amis, tout en subissant l’usure des angoisses quotidiennes. La première étape vers la maitrise est toujours intérieur: apprendre qui l’on est vraiment et renouer le contact avec cette force innée. Une fois ce point éclairci, on trouvera le chemin de carrière qui convient et tout le reste trouvera sa place. Il n’est jamais trop tard pour se lancer dns ce processus.

Une graine est semée à notre naissance, elle constitue notre unicité. Elle aspire à croitre, à se transformer et à épanouir tout son potentiel. Elle est dotée d’une énergie naturelle bien affirmée. L’œuvre de notre vie consiste à consiste à laisser cette graine devenir fleur, pour exprimer note unicité à travers notre travail. Nous avons une destinée à réaliser. Plus nous percevons et entretenons avec vigueur cette perception, cette force, cet appel,.., meilleures sont nos chance d’accomplir l’œuvre de notre vie et de parvenir à la maitrise.

En revanche, dans la mesure où l’on succombe au conformisme et aux pressions de son milieu, on laisse la force s’affaiblir, on la perçoit de façon moins nette et on en vient même à douter de son existence. En effet, la force contraire peut s’avérer très puissante, car chacun souhaite s’intégrer à son groupe. Inconsciemment, on ressent parfois que ce qui fait notre différence est gênant, voire douloureux. Quand les contres-forces sont trop puissantes, on risque de perdre complètement le contact avec son unicité, avec ce que l’on est vraiment. On calque ses inclinations et ses désirs sur ceux des autres.

Et c’est là un chemin très dangereux. Nous finissons par choisir une carrière qui ne nous convient pas vraiment. Nos désirs et nos intérêts véritables s’estompent lentement et notre travail en souffre. Nous cherchons notre plaisir et notre épanouissement en dehors de notre travail. Comme on est de moins en moins motivé par son métier, on n’accorde pas l’attention qu’il faudrait aux évolutions de notre domaine, on est dépassé et on en paie le prix. Au moment de prendre des décisions importantes, on hésite et on fait comme tout le monde car on ne reçoit plus les signaux de notre radar intérieur. On perd le contact avec notre destin inné.

Vous devez à tout prix éviter cette fatalité. A n’importe quel âge, vous pouvez entreprendre l’oeuvre de votre vie jusqu’à la maîtrise. La force cachée qui est en vous peut être activée du jour au lendemain.

Le processus de réalisation de l’œuvre de toute une vie comporte trois stades:

1) D’abord, vous devez prendre ou reprendre contact avec vos penchants naturels, le sentiment de votre unicité. Ce premier stage est toujours intérieur. Cherchez dans votre passée les indices de cette petite voix, de cette force latente.

2) Au second stade, une fois ce lien établi, analysez le chemin de carrière qui est le vôtre ou que vous êtes sur le point de parcourir. Le choix de ce chemin est critique, il exige éventuellement un changement de cap. Il faut considérer le travail comme gratifiant, comme la réponse à notre vocation. La voix que vous entendez dans ce cas n’est pas nécessairement celle de Dieu, mais celle de votre conscience. Elle se dégage de votre individualité. Elle vous dit quel type d’activité convient à votre caractère. Votre travail est alors en harmonie profonde avec ce que vous êtes, et non un espace à part de votre vie. Vous prenez conscience de votre vocation.

3) Au troisième stade, vous devez concevoir votre carrière ou votre chemin de vocation davantage comme un itinéraire sinueux que comme une ligne droite. Commencez par choisir un domaine ou un poste qui correspondent à peu près à vos inclinaisons. Ce poste initial vous donne la place de manœuvrer et la possibilité d’acquérir d’importantes compétences. Abstenez vous de choisir quelque chose de trop ambitieux: Qu’il vous suffise initialement de gagner votre vie et de prendre confiance en vous-même. Une fois sur ce chemin, vous découvrirez des carrefours conduisant soit à un avenir qui vous attire, soit à des activités qui vous laissent de marbre. Adaptez-vous et orientez-vous éventuellement vers un domaine voisin, tout en continuant à apprendre sur vous-même et à développer votre base de compétences. Comme Léonard de Vinci, assimilez ce que vous faites en travaillant pour les autres. En dernier lieu, vous déboucherez sur l’opportunité, le domaine ou le créneau qui conviennent à la perfection. Vous le reconnaitrez aisément car vous y retrouverez votre émerveillement et votre passion d’enfant. Vous sentirez que vous êtes à votre place et tout le reste s’ajustera en conséquence. Vous apprendre plus vite et plus en profondeur. Votre qualification professionnelle atteindra un point où vous pourrez revendiquer votre indépendance par rapport au groupe dans lequel vous travaillez, et vous pourrez vous installer à votre compte.

Cette insistance sur votre unicité et sur l’œuvre de votre vie peut apparaître comme une illusion poétique sans lien avec la réalité concrète; en vérité, ce sont des concepts hautement pertinents par les temps qui courent. Nous devons apprendre à nous développer nous mêmes. Dans le même temps, le monde grouille de problèmes critiques et d’opportunités que seuls peuvent résoudre des entrepreneurs individuels ou de petits groupes qui pensent de façon indépendante, qui s’adaptent rapidement et qui possèdent un point de vue unique. Vos compétences et votre créativité individuelle seront un avantage.

Il faut voir les choses de la façon suivante: ce dont le monde moderne manque le plus, c’est de raisons de vivre. Personne ne nous indique la direction à suivre et nous ne savons comment organiser ni utiliser notre temps. Nos vies semblent sans but. Nous n’avons peut être pas conscience de ce vide, mais il nous ronge de toutes sortes de façons.

Le sentiment que nous sommes appelés à accomplir quelque chose est la façon la plus positive de nous procurer une raison de vivre. Il s’agit pour chacun de nous d’une quête quasi religieuse. Elle ne doit pas être perçue comme égoïste ni asociale.

Il y a 2600 ans, le poète grec Pindar écrivait: « Puisses-tu devenir qui tu es en l’apprenant. » Ce qui signifie: chacun possède à la naissance un tempérament et des tendances qui l’appellent à un certain destin. C’est le moi intime. Certaines personnes ne deviennent jamais qui elles sont; elles ne se font pas confiance; pour se conformer aux goûts des autres, elles portent un masque cachant leur nature profonde. SI vous vous permettez d’apprendre qui vous êtes vraiment en étant attentif à cette voix et à cette force qui sont en vous, vous deviendrez ce que vous êtes voué à devenir – une personne, un grand maître.

Au fur et à mesure que vous devenez plus sophistiqué, vous perdez un peu le contact avec ces signaux émis par le tréfonds de votre être. Mais votre pouvoir et votre avenir dépendent des liens que vous renouerez avec ce tréfonds et avec vos origines. Creusez vos souvenirs pour y voir la trace de ces inclinaisons et avec vos origines. Creusez vos souvenirs pour y voir la trace de ces inclinations dans vos plus jeunes années. Cherchez en l’empreinte dans vos réactions viscérales à des choses simples: le désir de reprendre un type d’activité dont vous ne vous êtes jamais lassé:; un thème qui éveille de façon particulière votre curiosité; un sentiment de pouvoir lié à un acte donné. C’est déjà en vous. Vous n’avez rien à créer: il vous suffit de creuser et de redécouvrir une chose que vous avez enfouie en vous depuis longtemps. Si vous renouez le contact avec ce recoin ultime de votre conscience à n’importe quel âge, une partie de cet attrait primal reviendra à la vie et vous désignera le chemin de ce qui peut devenir en définitive l’œuvre de votre vie.

 

Le monde du travail est comme un écosystème: les êtres vivants y occupent des biotopes à l’intérieur desquels ils sont en concurrence pour les ressources et leur survie. Plus ils sont nombreux dans un espace donné, plus il leur est difficile de prospérer. Quand on travaille dans ce genre de créneau, on s’use à attirer l’attention, à faire de la politique politicienne et à accaparer des ressources insuffisantes. On passe tant de temps à ces petits jeux qu’il n’en reste guère pour une véritable maîtrise. On est attiré par le fait de toucher un salaire au terme d’un parcours familier. On ne se rend pas compte à quel point la vie est difficile.

Il faut changer de stratégie et identifier un écosystème que l’on peut dominer.

Il n’est pas simple d’identifier son propre créneau. Cela demande de la patience et une stratégie éprouvée.

Éviter les voies sans issue – La stratégie de la rébellion

Quand dans la vie, on tombe sur une voie sans issue, c’est en général que l’on a été attiré dans un domaine pour de mauvaises raisons: l’argent, la célébrité, la reconnaissance, etc. Si on sacrifie tout pour obtenir de l’attention, on ressent un vide intérieur que l’on espère combler avec cet ersatz d’amour que constitue l’adulation du public. Comme le domaine que l’on a choisi ne correspond pas à nos inclinaisons les plus profondes, on y trouve rarement l’épanouissement recherché. Ceci est douloureux, d’autant plus que l’attention que l’on arrivait à obtenir au début s’estompe. Si notre décision était surtout motivée par le désir d’argent et de confort matériel, c’est en général que l’on a pris sa décision par anxiété, ou pour complaire à ses parents.

Se libérer du passé – la stratégie de l’adaptation

Pour gérer les inévitables changements qui surviennent dans votre carrière, il vous faut un état d’esprit particulier: ne vous enchaînez pas à un poste donné; vous n’êtes nullement tenu de faire preuve de loyauté vis-à-vis d’un employeur: un chemin de carrière n’est pas un ordre religieux. Vous devez tout donner à la réalisation de l’œuvre de votre vie, celle qui permettra de vous exprimer totalement. C’est à vous de l’identifier et d’aller vers elle. Il n’appartient à personne de vous protéger ni de vous aider. Ne dépendez que de vous-même. Le changement est inévitable, surtout à une époque aussi agitée que la nôtre. Du moment que vous ne comptez que sur vous même, c’est à vous de prévoir les changements qui surviennent dans votre métier. Vous devez adapter l’œuvre de votre vie à ces circonstances nouvelles. Ne vous cramponnez pas aux façons de faire démodées, car vous vous feriez dépasser et cela vous pénaliserait. Soyez souple et toujours prêt à vous adapter.

Si un changement s’impose à vous, il ne faut ni vous fâcher, ni vous apitoyer sur vous même. Ne jetez pas aux orties l’expérience ni les compétences que vous avez accumulées, mais découvrez une façon nouvelle de les appliquer. Gardez le regard tourné vers l’avenir et non vers le passé. Il arrive fréquemment que de tels ajustements créatifs conduisent à des sommets plus élevés: l’imprévu vous sort de votre torpeur et vous contraint à réévaluer vos buts. Souvenez vous de ceci: l’œuvre de votre vie est un organisme vivant, qui possède son propre souffle.

 

Trouver le chemin de retour

Aucun bien ne peut résulter du fait que l’on s’écarte du chemin auquel on est destiné. On est perclus de toutes sortes de souffrances cachées. Le plus souvent, on s’écarte de sa route par goût de l’argent, en vue d’une prospérité immédiate. Mais comme cela ne correspond pas à quelque chose de profond en soi, l’intérêt s’étiole et , au bout du compte, l’argent n’arrive pas aussi facilement que prévu. Et on se lance vers d’autres sources de gains faciles, en s’éloignant de plus en plus de sa route. Comme on n’y voit pas clair, on finit dans un cul de sac.

On peut d’ailleurs mesurer à quel point on s’écarte de son vrai chemin en observant son niveau de douleur et de déception. Il faut ouvrir l’oreille à ce message de frustration et le laisser guider sa vie. Ce chemin de retour exige des sacrifices. On ne peut pas avoir tout, tout de suite. Le sentier vers la maîtrise exige de la patience. Il faut rester concentré cinq ou dix ans avant de recueillir les fruits de ses efforts. Toutefois, ce processus d’épanouissement est semé de défis et de plaisirs. Prenez la résolution de vous remettre sur le droit chemin, et informez en les autres. Votre honneur étant en jeu, vous résisterez aux tentations de rechute. En définitive, la fortune et le succès durable ne sourient pas à ceux qui les prennent comme but, mais à ceux qui visent la maîtrise et la réalisation de l’œuvre de leur vie.

A contrario

Quand on part d’un handicap en guise de talent et d’inclinaison, voici la stratégie à adopter: ignorer ses propres faiblesses et résister à la tentation de ressembler aux autres.

Comprenons nous bien: on ne découvre pas forcément l’œuvre de sa vie grâce à des inclinaisons grandioses. Ce peut être à cause d’un handicap obligeant à se concentrer sur le ou les rares domaines envisageables. Il en existe forcément. En travaillant ces compétences-là, on apprend la valeur de la discipline et on reçoit la récompense de ses efforts. Telle la fleur de lotus, la compétence s’épanouit vers l’extérieur, à partir d’un cœur fait de force et de confiance en soi. Il ne faut pas être jaloux de ceux qui semblent bourrés de talents naturels; ceci est en effet souvent une malédiction, car les personnes qui en sont comblées apprennent rarement la valeur de l’opiniâtreté et de la concentration, et elles le paient plus tard.

 

 

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