Comment passer de 0 à 130 millions d’euros en Chiffres d’affaires en 13 ans

Entrepreneur – Comment passer de 0 à 130 millions d’euros en Chiffres d’affaires en 13 ans

   

Entrepreneur – Comment passer de 0 à 130 millions d’euros en Chiffres d’affaires en 13 ans

Interview d’un entrepreneur à succès

Jean-Yves RIVIÈRE
Co-fondateur, entrepreneur et Dirigeant du groupe NEXEYA

 

Interviewer :                         Bonjour à tous, nous sommes en présence de Jean Yves Rivière, qui est président du conseil d’administration de NEXEYA entrepreneur. Donc, Jean Yves est un entrepreneur confirmé qui a créé une très belle entreprise. Donc, je lui laisse la parole pour qu’il puisse se présenter.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :               Bonjour, donc, je suis Jean Yves Rivière comme l’a dit Alex, voilà, donc, pour moi, je suis de formation ingénieur, et donc,  j’ai eu l’opportunité de créer maintenant depuis début 1997 une société qui est devenue aujourd’hui un groupe d’environ 1300 personnes.

Un groupe qui travaille dans le domaine de l’informatique et de l’électronique industrielle, voilà. Donc, juste pour dire quelques chiffres, donc, je vous ai donné les effectifs en termes de chiffres d’affaires, donc, ça veut dire 130 millions d’euros, c’est une dizaine de sites industriels en France, et puis un positionnement à l’export qui commence à faire et essentiellement des clients.

Des clients qui seront des grands groupes français, le grand secteur c’est la défense, l’aéronautique, le spatial, le Ferroviaire, l’énergie, enfin l’industrie d’une façon générale.

Interviewer :                         Au départ, qu’est ce qui t’avais motivé à devenir entrepreneur? Quel a été ton déclic ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Alors, bon ben moi, je dirais c’est génétique, comme je le dis souvent, moi, j’ai toujours pensé qu’un jour, en tous cas j’essaierai de monter ma boite, donc, ce que j’ai eu l’occasion de faire dans un premier temps en dirigeant une société de type Services en Informatique industrielle. Donc, après avoir fait un passage dans un grand groupe Industriel, puisque j’ai commencé ma carrière dans l’automobile chez Renault.

Donc, j’ai un démarrage assez classique, et puis donc, j’ai eu la responsabilité d’une société de service que j’ai développée, et puis à partir de ça donc j’ai créé une entreprise qui est devenue maintenant le groupe NEXEYA. C’est comme ça que je suis devenu entrepreneur.

Donc ça c’était début 1997, donc, j’ai démarré comme on dit un petit peu forme scratch alors, ce n’est pas tout à fait forme scratch dans la mesure où il y’a des clients qui me faisaient confiance, des ingénieurs et des collaborateurs qui m’ont suivi dans mon projet, et voilà.

Donc ça démarrait, ça s’est développé, je me suis associé, donc, j’ai fait aussi un choix un moment donné d’être associé avec deux autres personnes qui dirigeaient une société, qui ont rejoint le groupe et avec eux ensemble, on a développé, on a développé nos activités jusqu’à arriver aujourd’hui à l’état où l’on est.

Alors, il y’a eu des choix parce que développer c’est faire des choix, alors moi j’ai fait des choix de croissance, ça conditionne un certain nombre de choses, parce que pour faire de la croissance, il faut disposer de moyens financiers.

Donc, les moyens financiers, on est allé les chercher avec des partenaires, donc, on a fait rentrer à notre capitale des partenaires financiers, des investisseurs financiers, ça veut dire qu’on s’est dilué, qu’on a accepté de ne plus être majoritaire dans la société au détriment du fait que ça nous a permis de nous développer, de faire de la croissance externe puisqu’aujourd’hui le groupe s’est développé au travers de plus d’une dizaine d’opérations de croissance externes à peu près tous les ans, on fait une opération de croissance externe, donc voilà !

Bon tout ça sont des choix qui ont conditionné le développement, on a aussi fait le choix de rentrer en bourse, on l’a fait parce pour les partenaires financiers, il fallait leur offrir aussi des [portes] de sortie, donc, voilà.

La bourse, ça nous a permis aussi d’être un peu plus connus, donc, une notoriété et puis ça nous a permis de lever des capitaux, ce qui nous a permis de continuer à faire nos opérations de croissance, donc voilà tout ça était dans cette logique de développement qui était un choix.

Interviewer :                         Et ce choix, toi et tes associés, vous l’avez fait dès le départ où c’était au fur et à mesure de la …

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
              
C’était un choix dès le départ, on va dire dès le départ on était câblés tous les trois sur ce modèle-là parce qu’on avait envie de constituer un groupe plus important.

Aujourd’hui, on fait partie de ce qu’on appelle les ETI, les Entreprises de Taille Intermédiaire, on dit qu’en France, le paysage industriel manque de ce genre d’entreprise qui sont entre les grands champions français, les Talés, les DCN, les affronts et autres grandes entreprises industrielles, puis les petites PME,PMI.

Donc, il y’a besoin d’un peu de ce qu’on appelle ces entreprises à l’allemande, ces grosses PME allemandes qui sont le tiroir des entreprises allemandes et qui font défaut en France, donc, on a choisi d’être dans ce créneau là, donc, des entreprises qui ont des capacités à réaliser les… Bon nous, c’est des équipements des systèmes.

Donc, il y’a une capacité à développer des choses, à être innovantes, d’avoir des capacités donc aussi à faire de la croissance et à supporter aussi l’internationale, puisque c’est actuellement notre projet on est arrivé à un stade où maintenant, il faut qu’on sorte un peu des frontières qu’on aille voir à l’extérieur.

Interviewer :                         Donc, juste pour reprendre par rapport à ce que tu disais au départ. Tu disais que tu avais le choix de prendre des associés qu’est ce que tu avais à nous chercher chez ces associés et qu’est ce qui a fait justement que t’as pas voulu entreprendre par toi-même ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
             Alors, bon d’abord j’ai entrepris par moi-même, je suis un entrepreneur. Mais je dirais quand on veut développer, bon on parle souvent de la solitude des dirigeants, c’est-à-dire que ce n’est pas facile quand on est tous seuls de prendre toutes les bonnes décisions, donc les partager c’est bien alors après, ça peut présenter des difficultés parce qu’alors, nous ça a bien marché pourquoi ? Parce qu’on est complémentaire.

Sur les trois associés, il y’en a un qui est plutôt orienté finances, plutôt financier on va dire, il y’en a un qui est plutôt orienté business, développement de business, disons le côté commercial, et puis moi j’ai plutôt l’aspect interne, ça va de plus en plus. je me concentre sur les ressources humaines et sur le développement de potentiel en interne avec une partie opérationnelle puisqu’on est avant tout opérationnel, c’est-à-dire qu’on est en contact direct à la fois avec nos clients, et à la fois avec nos collaborateurs. On reste une entreprise à taille humaine.

Interviewer :                         D’accord. Ok, par rapport à ton développement qui a été quand même très rapide, puisque c’est une société qui a été créé en 1997…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :              Ce n’est pas très rapide non !

Interviewer :                         Ça va faire 13, 14 ans. Bon, c’est bien.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :       Oui c’est bien ce n’est pas exceptionnel non plus (rire).

Interviewer :                         Et bien justement par rapport à ça quel conseil donneras-tu aux personnes ou aux entrepreneurs qui vous écoutent qui auraient cette envie de développer une très belle société plutôt qu’une belle société ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Le conseil que je donnerais aux entrepreneurs, c’est d’abord avoir envie, parce que je dirais qu’on ne fait que des choses que quand on y croit qu’on a envie qu’on a un petit peu un côté ce côté entrepreneuriale, qui fait que à un moment, on se lance, et que on n’a pas forcément toutes les données du problème.

Je veux dire quand j’ai démarré, je ne savais pas si à la fin la société en fera 50 personnes, en fera 1000, ou en fera je ne sais pas quoi.

Donc, je ne me posais d’ailleurs pas la question, mais je me suis dit qu’il fallait développer, il fallait tenter et que c’est toujours en essayant qu’on finit par arriver. Alors, après il faut reconnaitre qu’à un certain moment, il y’a aussi des aspects, plutôt de la chance, il faut le dire.

Interviewer :                         C’est-à-dire ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Ben c’est-à-dire qu’on se dit on est là au bon moment, on a réussi à rentrer chez un client, un moment où il y avait du potentiel qui nous a aidé, etc.

C’est sûrement en cherchant qu’on a aussi des opportunités. Mais des fois c’est vrai qu’il faut avoir un peu de chance, on dit souvent dans le commercial qu’il y’a des commerciaux qui réussissent mieux que d’autres parce qu’ils ont plus de chance, alors je ne sais pas, on ne sait jamais, c’est parce qu’ils sont meilleurs aussi, parce qu’ils sont là au bon moment, il y’a un peu de ça dans l’entreprise, il y’a des choses rationnelles et des choses non rationnelles.

Interviewer :                         La chance se provoque…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Mais la chance se provoque oui. Ben mon conseil c’est de dire il faut, si on a envie il faut y aller, il ne faut pas forcément se limiter, il ne faut pas se créer des barrières. Il ne faut pas dire ça : «  je n’ai pas la capacité, ou ce n’est pas possible, ou c’est réservé à certaines personnes, certains élites ». Moi, j’ai démarré ma société je n’avais pas de moyens financiers, voilà.

Donc ça veut dire qu’on ne sait pas forcément en disposant au départ de beaucoup d’argent qu’on va réussir à créer un grand groupe. Et puis, il faut savoir s’entourer, bon une société ça réussit parce qu’on a autour de soi des gens qui sont aussi bons que vous, voire meilleurs.

Donc, ça veut dire, il faut accepter aussi d’avoir autour de nous des gens qui ont à fort potentiel, et ça, c’est souvent difficile, quand je vois quand tout le monde a, je ne sais pas, un directeur  a embauché par exemple quelqu’un dans son équipe, il va chercher plutôt à avoir quelqu’un qui est un peu en dessous de lui.

Alors, qu’il faut embaucher quelqu’un qui est capable de se remplacer, qui est capable de me  remplacer, c’est comme ça qu’on peut progresser les gens.

Interviewer :                         Qu’est ce qui fait que tu penses que certains dirigeants justement préfèrent embaucher des personnes moins qualifiées, parce que d’un point de vue purement… ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Parce que ça fait peur de se dire : « Est ce que je vais réussir à manager, est ce que je vais être à la hauteur, j’ouvre un complexe, les dirigeants, ils ne sont pas complètement à l’aise sur tous les domaines. Quand on, je ne sais pas ben nous, il nous arrivait des gens de haut niveau des polytechniciens, des gens voilà. Bon, au début, ça fait réfléchir, puis maintenant, ça ne pose pas de problème.

Oui ben voilà, ils sont peut être meilleurs que nous ben très bien, tant mieux voilà, il ne faut pas avoir peur de…

Interviewer :                         [C’est l’appréhension du départ, peut être…]

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :                Oui. Mais bon, alors évidemment, il faut faire des choix quand même qui soient les bons. Mais, je veux dire, il ne faut pas avoir peur non plus de hausser le niveau, parce que c’est ça qui va faire progresser l’entreprise. L’entreprise, elle ne progresse pas que par nous, elle progresse par les gens qui viennent et qui eux-mêmes font progresser l’entreprise. Donc, il faut que, eux aussi puissent progresser.

Plus ils sont bons, plus ils vont faire progresser l’entreprise, alors après il faut qu’ils soient quand même intégrables dans l’entreprise, parce que dans une petite structure, ce n’est pas aussi simple que ça.

Interviewer :                         D’accord. Tu as souligné un point qui était intéressant tout à l’heure sur le fait que tu avais démarré sans moyens, et que tu es allé chercher ces moyens-là.

Donc, dès le départ, si j’ai bien compris, tu es allé chercher un groupe à financer qui a…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Alors ça, ce n’est pas arrivé tout de suite, parce que j’ai commencé en 1997, les premiers financiers sont entrés en 2001.

Interviewer :                         D’accord.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :          Donc, au début, j’ai développé de façon classique puisque essentiellement, c’est une activité, de type service, que j’ai développée au départ. Donc, c’est une activité qui nécessite pas de moyens financiers énormes qui permet assez rapidement de faire de la croissance, voilà, et donc de constituer une équipe. Donc, c’est comme ça que j’ai démarré.

Interviewer :                         D’accord.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :        Il faut chercher aussi des… Parce qu’il y’a des activités qui nécessitent beaucoup de moyens financiers, par exemple, si on veut faire du développement, par exemple, je prends un exemple, si on veut faire une activité de production, ça demande des moyens financiers, alors ça c’est compliqué.

Quand on fait du service, il n’y a pas besoin de moyens financiers, si on a une très bonne idée, ou si l’on est bien positionné sur un domaine, on va assez rapidement monter, l’activité étant assez facilement rentable, et assez facilement génératrice de cache, donc…

Interviewer :                         Un autofinancement rapide ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :               Un autofinancement rapide. Moi j’essaie de la première année, j’étais dans le top quoi.

Interviewer :                         Ça c’est bien…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :                 Oui. C’est bien et c’est rassurant pour les gens qui sont entrain de bosser avec nous. [C’est ça la difficulté].

Interviewer :                         Qu’est ce qui fait un bon dirigeant ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Je ne sais pas si je sais répondre complètement à cette question là mais enfin bon je dirais un dirigeant, il faut qu’il soit quand même assez large dans son domaine, dans son spectre de compétence, puisqu’en particulier quand on démarre, on y touche un peu à tous les domaines de l’entreprise, c’est-à-dire la relation client bien sûr, en interne, la relation avec les collaborateurs qui est super importante, et puis quand même quelques notions bien comprises de rentabilité de gestion de l’entreprise quoi.

Donc,c’est un peu l’alliage de tout ça, l’alliance de ces trois compétences qui font que si on les a, on peut penser à développer la société. Si on n’est que sur un seul axe, on va avoir du mal à peut être à développer.

Si je ne suis que purement commercial, je vais, peut être, laisser de côté l’interne, et les gens, ils ne vont pas être bien dans la boite, je peux aller vendre des belles choses, s’il n’y a personne qui me suit, je serais toute seule, et ça va marcher, voilà. Et inversement, si je suis trop en interne et pas assez porté sur le client, je n’arriverai pas à développer les marchés.

Donc, ça veut dire qu’il faut être pluridisciplinaire, il faut être capable de comprendre les mécanismes internes de la société et savoir, je dirais, la porter aussi à l’extérieur.

Donc, c’est un métier d’ailleurs qui ne s’apprend pas dans les écoles.

Interviewer :                         Non, je ne pense pas.

Jean Yves Rivière :               Donc, après voilà, moi je dis il y’a beaucoup de feeling dans notre métier, et après chacun est comme il est, mais moi, je suis plutôt sur ce modèle-là, c’est-à-dire, je ressens plutôt les choses, je ne suis pas complètement analytique sur le fonctionnement, il y’a des choses qu’on sent, et qu’on ressent dans l’entreprise. Quand une décision est bonne, elle est…

Interviewer :                         C’est l’intuition.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :             Oui, on sent que les gens ils adhèrent à ça, mais, ça ne se traduit pas immédiatement en chiffres ou en évolution. Donc, il faut savoir ressentir les choses, l’entreprise, [ça vit], et c’est encore social. Donc, il faut ressentir, je dirais, les vibrations. C’est ça qui fait la différence entre un chef d’entreprise, et peut être un directeur.

Donc, il sent ce que veut l’entreprise, sent que les gens… et il va aussi faire en sorte que les gens fassent un peu plus que ce qui pense pouvoir faire, c’est-à-dire, que notre problème à nous, c’est de donner aux gens la possibilité d’aller plus loin, aller plus haut, les tirer vers le haut !

Pas uniquement leur dire, « Maintenant, je vais t’expliquer comment on bosse » parce que ça …Au contraire, c’est à dire, bon voilà, on a un projet d’entreprise, donc, il faut que les gens, il faut aussi communiquer, pour la communication, c’est important dans l’entreprise, donc, il faut bien communiquer, il faut que les gens comprennent où va l’entreprise, qu’est ce qui peuvent apporter et où est ce qu’ils iront avec l’entreprise, sinon, les gens sont de moins à moins attachés à l’entreprise, on le sait. En particulier la fameuse génération Y.

Interviewer :                         Ils ne sont pas tous comme ça (rire).

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
            
Ils ne sont pas tous comme ça, mais enfin bon ils sont là. Il faut que les gens s’ils restent dans l’entreprise, il faut qu’ils sachent pourquoi.

Interviewer :                         S’ils ont une motivation peut être …?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
           
Une motivation, non parce que sinon il y’a quand même un choix entre les gens.

Interviewer :                         Et quand tu dis que dans le métier du dirigeant, je pense que je partage entièrement ton avis : que ce n’est pas dans les écoles qu’on apprend, mais, comment conseillerais-tu à ceux qui nous écoutent de travailler ça, c’est-à-dire ceux qui justement [ne le savent pas] ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
          
Déjà on peut le pratiquer dans d’autres entreprises avant de se lancer. Moi, je ne me suis pas lancé, bon toi, il se trouve que tu es lancé dès ta sortie de l’école, moi j’ai passé une petite dizaine d’années en entreprise.

Donc, je veux dire on apprend des choses déjà, on a vu des modèles on apprend des modèles qu’on ne veut pas produire, il y’a aussi ça quoi, c’est les deux.

Donc, ça permet de faire des choix positifs ou négatifs, donc, et puis, après, il faut se lancer, je pense qu’après chaque entreprise est différente, je ne pense pas qu’il y’a deux entreprises qui marchent sur le même modèle.

Donc, après suivant son offre, son positionnement, il faut, se « benchmarker », il faut se comparer aux autres, je veux dire, quand on est dans un métier, il faut regarder les entreprises autour, il ne faut pas… Déjà pour connaître son marché, pour savoir quels sont les concurrents, mais aussi pour savoir où il y’a les trucs dans la raquette, c’est à dire là où les autres ne seront pas bons, et là, on va pouvoir prendre une place parce que forcément, il y’a toujours quelque soit l’endroit où on se positionne, il y’a toujours des sociétés qui existent. Donc, il faut voir qu’est ce qu’on va apporter de nouveau, de différent.

Interviewer :                         Très bien. Vous m’avez parlé du fait que tu as dégrossi également en achetant différentes sociétés, quels ont été pour toi tes critères de sélection de ces entreprises-là ? Sur quoi tu t’es appuyé, qu’est ce qui a fait que tu t’es dit cette entreprise est intéressante plutôt qu’une autre ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
             
Alors, oui et bien nous, c’est un choix important, donc, ça la croissance externe a été un moteur important, puisque ça représente plus de 50% de notre activité vient de la croissance externe.

Alors, la croissance externe, ce n’est pas complètement simple comme choix, nous, ça s’est plutôt bien passé parce que d’abord, on voulait faire des opérations de croissance externe.

Donc, on a dans un premier temps choisi des sociétés qu’on connaissait. C’est-à-dire, c’est des sociétés qu’on suivait, qui étaient plutôt dans notre secteur d’activité, des sociétés qui marchent bien, on a fait le choix aussi de ne pas racheter des sociétés qui ne marchaient pas. Il y’a des sociétés qui sont spécialisées, elles achètent à bas prix des sociétés  qui sont en difficulté par exemple, puis elles vont les remonter, nous, ce n’était pas ça.

C’était de prendre des sociétés qui avaient une offre en particulier technologique pour nous qui nous intéressait. Donc, des sociétés de taille assez variable, on a pris des sociétés d’une dizaine de personnes jusqu’à 300 personnes, qui viennent de modèles différents, et dans lequel, je dirais, on a associé aussi des dirigeants à notre projet à nous, en disant « Vous venez de nous rejoindre : On rachète notre société, une partie sous forme de caches, et puis une partie sous forme d’échange d’éthique, c’est-à-dire qu’ils devenaient actionnaires avec nous du nouveau groupe qui devenait différent après acquisition de ce qu’il a été avant. Donc, on a construit aussi comme ça le développement du groupe.

Donc, alors ce qui est compliqué dans l’intégration de sociétés externes, c’est qu’on est confronté à des cultures d’entreprises qui sont différentes.

Et donc, ça peut être compliqué parce que ce n’est pas simple : Nous on a plus d’une dizaine, 12 ou 13 sociétés qui nous ont rejoints, ces 13 sociétés qui sont toutes différentes. Donc, petit à petit elles s’intègrent dans le groupe, nous on a fait le choix de ne pas les intégrer tout de suite, c’est-à-dire, il y’a toujours au moins une année où elles restent presque en format précédent, et où on commence à voir comment on peut travailler avec elles et comment à terme, on peut les intégrer.

Et puis ensuite, on voit aussi quelle est la place que les dirigeants peuvent prendre dans le groupe sachant qu’il y’a des cas où ça marche, et des cas où ça marche pas, je ne peux pas dire… Nous, on dit on propose aux dirigeants d’être associés au développement du groupe, mais … [ça c’est les joies du direct].

(Rire) Donc, on propose aux dirigeants d’être associés au groupe, et de continuer à développer. L’idéal étant qu’effectivement en nous rejoignant, ils arrivent à développer plus l’entreprise qu’ils ne pouvaient le faire par eux-mêmes tous seuls.

Interviewer :                         D’accord.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
          
Alors globalement, ça s’est bien passé, alors on a aussi des cas de dirigeants qui vendaient pour partir, alors ça c’est…

Interviewer :                         C’est différent ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
        
Oui, et donc, comme nous, donc l’organisation elle a bougé au fur et à mesure qu’on faisait des opérations de croissance  externe, ne serait ce qu’on a changé notre nom, pour avoir un nom qui soit commun entre les entreprises qui ne soit pas le nom de l’une d’entre elles par exemple, d’où le changement de nom, le fait aussi qu’on a créé des divisions pour, je dirais, mettre en avant les différents métiers qu’on avait. Mais, bon effectivement, ce n’est pas toujours facile d’intégrer une société, il faut passer beaucoup de temps à bien la choisir. Donc, nous on l’a choisie parce qu’on la connaissait en général, on connaissait les dirigeants, donc plus simple quand on connait l’entreprise.

Et puis aussi, on a passé beaucoup de temps à communiquer parce qu’il faut expliquer en partie, parce que le dirigeant, lui encore, il est convaincu qu’il peut faire l’opération, mais les salariés, les collaborateurs, ils se disent : « on va travailler dans un groupe, votre parole…».

Donc, il faut bien communiquer avec eux, il faut leur expliquer quel est le projet, pourquoi cette distance industrielle, pour eux c’est bon de venir dans un groupe comme le  notre, etc.

Interviewer :                         Pourquoi ce choix de la croissance externe plutôt qu’une croissance interne.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
              
Parce que ça va plus vite, et puis, nous on a acquis des technologies qu’on n’avait pas. Donc, ça nous a permis de se positionner chez le client avec une offre beaucoup plus intéressante, plus rapidement oui.

Certains produits qu’on a acquis nous ont demandé plusieurs mois de développement, voilà donc, on récupère ça et puis des sociétés qui avaient besoin en général, les sociétés qui nous rejoignent c’est plutôt des sociétés de taille moyenne qui avaient des difficultés à se maintenir sur le marché, parce que trop petite, xxx oui vous êtes trop dépendantes de nous par exemple, ou vous êtes trop petite pour continuer avec nous.

Bon, tout le monde sait qu’en ce moment, les clients, ils veulent réduire le nombre de fournisseurs et que certaines petites sociétés ont du mal à se maintenir sur le marché. Donc, là, en rejoignant un groupe, on règle ce problème-là.

Interviewer :                         Est-ce que tu pourrais nous donner une de très plus grandes réussites, et un de tes échecs que tu as eu ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
            
Des réussites, ben on en a eu quand même dans le domaine en particulier de la croissance externe, en particulier la plus grosse société qu’on a intégrée, là qui fait 300 personnes, bon c’est aujourd’hui, on va dire, un des xxx du groupe.

                                               Donc, on a réussi non seulement à l’intégrer, à la développer, puis à faire en sorte que les dirigeants globalement de cette société là soient associés dans le développement du groupe.

Des échecs, on en a eu au niveau du management. C’est très difficile enfin bon, dans la difficulté de recrutement, il y’a les postes de management, les postes de commerciaux. C’est-à-dire, là où moi, je dirais, j’ai connu plus de difficultés et plus d’échecs.

                                               Alors, en faisant des fois les erreurs, par exemple, une erreur classique, c’est de vouloir faire monter très vite les gens en disant t’as du potentiel vas-y monte, un moment, on arrive à une situation où la personne finalement, alors qu’elle réussissait bien dans son domaine, on la fait monter à un niveau supérieur, et finalement, elle ne réussit pas. Et là, c’est la cata, parce qu’elle ne veut plus revenir dans le niveau en dessous, parce que voilà elle se dit la place est prise, et puis elle n’en a pas envie, et si elle est en échec à ce niveau là, en gros ça se termine mal parce que la marche a été franchie.

Donc, il faut faire très attention, on a tous envie de faire monter et de promouvoir les gens et des fois en voulant le faire pour la bonne cause, et bien on plante les gens.

Donc, il faut le savoir, et pourtant les gens sont preneurs, c’est-à-dire, quand on leur dit, il y’a un poste de direction tu dois le prendre, etc, c’est une évolution. Là, maintenant, je suis plus prudent sur ce domaine-là.

Interviewer :                         Je pense que c’est un conseil…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
          
Oui c’est vrai.

Interviewer :                         Très bien.Pour terminer, si tu avais quelques conseils clefs que tu souhaiterais donner à des entrepreneurs, à de jeunes entrepreneurs ?

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
          
Bon on aurait donné un certain nom, mais bon, je dirais, une société moi je pense et c’est ma conception, ça se joue beaucoup sur le côté humain des choses. Donc, mon conseil c’est « entourez-vous bien », c’est-à-dire faites vos bons choix, si vous décidez de vous associer, faites le bon choix, ayez des associés en qui vous avez confiance. Évitez d’avoir des gens qui soient en conflit sur le même domaine.

                                               Moi, je sais que si on a réussit à trois, c’est parce qu’on a réussi à définir le réseau dont chacun a son propre territoire, on va dire, enfin, son propre réseau de l’influence, parce que si ça ne l’est pas, d’ailleurs les gens vont le ressentir, et ça fiche « la xx » dans la boite parce que les gens, ils vont essayer d’intervenir auprès des trois dirigeants, ils vont essayer d’intervenir auprès des trois, et alors là, c’est ingérable !

Donc, il faut que chacun ait sa bonne place, soit sur son domaine réellement de compétence, alors ça c’est vrai pour les associés, c’est vrai aussi pour tous vos collaborateurs.

Donc, choisissez bien vos collaborateurs, il ne faut pas avoir forcément que des [cadres] sur tous les postes, il faut savoir avoir une pyramide équilibrée entre des gens qui ont du potentiel, d’autres qui ont moins envie de progresser, donc qui sont des gens stables et sûrs.

Alors, je vous l’ai dit, il faut faire évoluer les gens, mais il ne faut pas forcément le faire trop vite, quand on le fait, il faut aussi l’accompagner parce que dans une petite société, ben on a tendance à très facilement confier les responsabilités aux gens, c’est facile, on dit « Allez, vas-y », mais on a tendance aussi à le laisser faire tout seul parce que encadrer, etc… le manager n’aura pas assez de temps.

Et donc, on peut tomber sur des cas où la personne vraiment n’arrive pas au niveau qu’on aurait espéré, et là, si on ne s’en aperçoit pas, c’est là où il peut y avoir une catastrophe, voilà.

Et puis, ben oui, une entreprise, moi je l’ai dit, c’est l’envie, ayant envie de … Si vous n’avez pas envie de faire ça, si vous faites ça à contre cœur en disant, bon je vais faire ça parce que je n’ai pas d’autres choix, à mon avis, ça ne peut pas marcher !

L’entreprise, on y passe du temps, on y met beaucoup de soi-même, bon il faut que ça plait quoi, il faut le faire avec passion, un minimum de passion. Il faut être équilibré, d’ailleurs, il faut pas être que dans son entreprise, il faut aussi avoir des équilibres personnels autour de ça, mais bon, si on n’est pas à l’aise avec ça, ça a peu de chances de réussir, voilà.

Voilà, donc, je vous souhaite bonne chance à tous ceux qui m’ont écouté.

Interviewer :                         En tous cas, c’était un plaisir…

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
       
Et ceux qui veulent éventuellement avoir des contacts directs avec moi passent par Alex.

Interviewer :                         Voilà, il n’y a aucun problème, de toute façon, si vous avez la moindre question, voilà, je ferais le lien.

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
             
D’accord.

Interviewer :                        Ben écoutes merci beaucoup Jean Yves, ça était un grand plaisir d’échanger avec un entrepreneur tel que toi,

Jean Yves Rivière – entrepreneur  :
             
D’accord, merci à toi Alex aussi, bonsoir.

[Fin de la transcription]

 

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