Business plan

Quand le business plan ne sert à rien…

   

Article invité – écrit par Gaëtan Baudry du blog  www.my-business-plan.fr

 

Quand le business plan ne sert à rien…

 

« C’est bon j’ai rédigé mon business plan. Je vais pouvoir me lancer ! Enfin, je dois encore le peaufiner un peu afin d’être sûr de moi ». Beaucoup de personnes souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat font l’erreur de penser que le business plan leur permettra de déterminer s’ils doivent ou non se lancer. Si le business plan est un outil très utile, il ne sert pas à décréter si une personne doit ou non lancer son projet. Lorsque j’ai créé www.my-business-plan.fr c’était pour aider les entrepreneurs à rédiger leur business plan. De cette expérience, voici, selon moi, les cas pour lesquels un business plan peut s’avérer une perte de temps.

 

Vous ne connaissez pas vos clients ?

Comme le souligne Alex dans cet article, il y a une différence fondamentale entre une personne interrogée dans la rue et indiquant être intéressée et un client. L’erreur commise par beaucoup d’entrepreneurs consiste à faire une étude de marché au moyen de questionnaires et décider de lancer ou non leur entreprise en fonction des résultats de l’étude de marché. L’étude de marché doit permettre non pas de déceler l’existence de son marché mais d’adapter son produit ou service à son marché. L’étude de marché, dansl’idéal, ne doit pas être réalisée au moyen de questionnaires quantitatifs ou qualitatifs mais au moyen de rencontre avec des clients (c’est-à-dire de personne ayant accepté d’acheter votre produit/service). Mieux encore, il vaut mieux d’abord essayer de vendre un produit (même sur papier) et à partir d’un certain nombre de ventes commencer à le concevoir plutôt que de faire son étude de marché, puis son business plan puis produire son produit. En ce sens, les plateformes de crowdfunding fondées sur le pré achat sont peut être la meilleure étude de marché possible !

Exemple : Vous souhaitez lancer un site spécialisé sur les chemises violettes. Avant de lancer votre site et même produire les premières chemises vous pourriez :

–          Interroger des gens pour savoir s’ils achèteraient vos chemises : Mais il y a fort à parier que les personnes interviewées répondent en majorité oui et vous indiquent un prix médian.

–          Une meilleure méthode consisterait à vous enregistrer sur une plateforme de crowdfunding, présenter votre projet et pré financer le lancement du site et des stocks par des pré commandes fermes des clients potentiels. Si vous ne parvenez par à réunir les fonds, c’est qu’il n’y a peut-être pas de marché ou que le prix n’est pas le bon.

 

Peu de risque financier ? Lancez-vous rapidement.

La force d’un bon entrepreneur est sa capacité d’exécution. Il doit sentir un besoin, se lancer rapidement et corriger éventuellement. Si votre projet ne nécessite pas de gros investissements et aucun apport externe, alors, la meilleure stratégie consiste à faire un business plan minimaliste (modélisation financière et plan d’actions), se lancer rapidement puis corriger éventuellement. Il vaut mieux en effet dans ce cas-là, commettre des erreurs, apprendre de ses erreurs et les rectifier plutôt que de passer des mois à rédiger son business plan qui devra de toute façon être modifié post lancement. Vous apprendrez plus sur vos clients et votre produit/service en lançant et en vous trompant qu’en essayant de penser pour vos clients.

Ainsi, si l’on reprend l’exemple précédent, un entrepreneur souhaitant lancer un site internet de vente de chemises violettes peut passer 6 mois à étudier le marché, rédiger un cahier des charges, examiner ses concurrents, démarcher les meilleurs fournisseurs. Passé ces 6 mois il peut se lancer ou s’être essoufflé.  Il peut sinon se lancer à moindre coût avec uns site plus simple, ayant une ou deux gammes maximum et ensuite, après avoir réussi ses premières ventes, investir un peu plus ou corriger le tir.

Attention, un business plan  reste utile !

Attention, notre propos n’est pas de dire qu’un business plan ne sert absolument à rien. Même dans les cas précédents, il est important de réfléchir sur son business, sur son idée, et sur la viabilité commerciale de son projet. Néanmoins, nous souhaitons souligner le fait qu’il n’est pas toujours nécessaire de rédiger un business plan complet ou d’y passer tout son temps. Lorsque l’on n’a pas encore eu de retours concrets de clients, c’est tout simplement contreproductif. Le business plan est beaucoup plus utile après le lancement de l’entreprise, quand il s’agit de réfléchir sur des données concrètes qu’en pré lancement d’entreprise. C’est pourquoi des méthodes comme la méthode Synopp sont adoptées en Amérique du Nord par les organismes d’aide à la création d’entreprise et font la guerre au business plan. Ces méthodes reprochent au business plan de cantonner l’entrepreneur à la phase de réflexion alors que c’est dans l’action qu’il pourra peaufiner une réflexion pragmatique.

 

Vous aurez, de tout façon, besoin d’un business plan en pré lancement pour ouvrir un compte bancaire, obtenir un prêt ou des fonds externes. La tendance est néanmoins à un raccourcissement de la taille du business plan : L’objectif premier est de communiquer simplement sur votre projet car les financeurs savent pertinemment qu’entre vos projections et la réalité du terrain, il existe un gap important. Gardez donc en tête que si votre projet est risqué financièrement, il est normal de consacrer du temps à la rédaction d’un business plan.

Ainsi, avant d’ouvrir un restaurant et investir toutes vos économies, il est préférable de déterminer le concept de votre restaurant, sa localisation, le positionnement, sa carte et les financements nécessaires.

 

Si vous devez convaincre des partenaires externes, c’est aussi le cas. Mais dans les autres cas, passez rapidement à l’action, les erreurs que vous commettrez vous aideront à améliorer votre stratégie de développement.

 

 

Conclusion : la rédaction du business plan est une étape importante mais il faut y consacrer un  temps proportionnel au risque pris. N’oubliez jamais que le terrain et la capacité d’exécution comptent plus en entrepreneuriat que votre capacité à analyser et rédiger un business plan. Le business plan doit être un outil au service de l’entreprise, un outil qui se modifie au travers du temps en fonction de la validation ou invalidation de vos hypothèses.

 

 

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