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Vos collaborateurs ne sont pas « vos amis »

   

Lorsque l’on entreprend, on a tendance à voir ses collaborateurs comme des amis.

On passe du temps ensemble à bâtir une entreprise de zéro et cela crée des liens qui parfois dépassent le cadre professionnel.

 

Cela fut le cas pour moi.

 

Lorsque j’ai créé mon entreprise, j’avais 24 ans.

L’ensemble de mes collaborateurs, à peu de choses près, avait le même âge que moi.

 

Je m’entendais très bien avec eux.

J’avais une vision.

J’avais une passion et un idéal que je voulais insuffler à de mon entreprise.

 

Je partageais avec l’ensemble de mes collaborateurs cette vision et cette passion.

 

Ils me suivaient avec plaisir, car cela représentait pour eux aussi un beau défi et une belle aventure.

Ils savaient qu’ils faisaient parties de ceux qui bâtissaient l’entreprise et son histoire.

 

Ils se donnaient beaucoup et éprouvaient du plaisir dans leur travail.

Pierre, un de mes premiers collaborateurs m’a dit un jour la phrase suivante :

«  Je suis content de travailler ici. Tous les jours, je viens ici avec grand plaisir et envie »

 

Cela fait vraiment chaud au cœur quand un de vos collaborateurs vous dit cela.

 

Nous partagions tous, les mêmes réussites et les mêmes échecs, les moments de joie de nos premiers contrats signés comme les moments difficiles.

 

Nous faisions face aux mêmes épreuves.

 

Cela me faisait également plaisir d’aller prendre des verres avec eux pour récompenser nos efforts.

 

Le fait que l’ensemble de l’équipe me fasse une fête surprise à mon anniversaire a également été une  des joies et un des meilleurs souvenirs dont je me rappelle depuis la création de l’entreprise.

 

À ce niveau, il y a une vraie proximité qui se créer avec l’ensemble de votre équipe.

 

La frontière entre le professionnel et l’amitié est assez mince.

 

Cela m’a conduit à plus les considérer comme des amis plutôt que des collaborateurs.

J’étais donc plus laxiste envers eux.

J’éprouvais plus de difficultés à donner des ordres et à les recadrer alors que certaines situations l’exigeaient.

 

Mon affection pour eux avait altéré ma perception de mon rôle au sein de l’entreprise et finalement de ce qu’ils attendaient de moi.

 

Bien sûr, il est normal d’avoir des liens avec votre équipe. Il est normal de les considérer.

C’est aussi une bonne chose d’avoir une bonne ambiance au sein du groupe et de fêter ensemble les réussites.

 

Pourtant, il y a une limite à ne pas franchir.

Les sentiments personnels ne doivent pas interférer votre jugement et vos décisions.

 

 

N’oubliez pas que même si vous êtes le patron.

Ce qui implique que c’est aussi votre rôle de remettre vos collaborateurs sur le droit chemin lorsqu’il s’en éloigne.

 

C’est bien sur votre rôle de les complimenter, de les motiver, mais aussi de les sanctionner si besoin.

 

Vous n’êtes pas leur ami. Et finalement, vous vous apercevrez également que ce n’est pas ce qu’ils attendent de vous…

 

Ils attendent de vous que vous soyez leur chef, que vous leur montriez le chemin.

 

Ils attendent que vous les fassiez grandir : que vous leur fassiez des compliments lorsqu’ils l’ont mérité et des remarques constructives qui les feront également progresser.

 

Ils ont besoin que quelqu’un leur impose des limites et les frontières de leurs champs d’action.

Sans quoi, ils se sentent abandonner.

 

Si vous faites comme si vous étiez leur ami et que vous ne commandez pas, alors il n’y a pas de chef à bord. Et sans chef, tout le monde est perdu. Chacun fait ce qu’il veut et comme il veut.

C’est la cacophonie générale.

 

Et vous courrez tout droit à la catastrophe.

Leur entrainant ainsi dans votre chute avec vous simplement parce que vous n’avez pas su différencier l’amitié ressentie et votre rôle en tant que chef.

 

C’est ce qui a failli nous arriver. Quelque part cela a été l’une des causes, je pense, qui a fait que nous avions frôlé le dépôt de bilan.

 

Comprenez qu’ils ont besoin que vous les guidiez avec force, courage, discipline et justesse.

 

Ne laissez pas l’affection que vous ressentez pour votre équipe embrumer votre jugement, votre rôle et votre devoir.

 

Vous êtes le chef. Et en tant que tel, agissez ainsi.

 

Ils vous en seront reconnaissants.

 

« Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant,

 mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles. »

– Sun Tzu 

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